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Roma Realities – la réalité multiple des Roms

Une exposition de photos itinérante présente des portraits de Roms, qui permettent de mieux comprendre la réalité quotidienne de ces gens.

Les récits présentés ci-après soulèvent toutes sortes de questions: Comment percevons-nous les Roms? L’idée que nous nous faisons d’eux reflète-t-elle fidèlement la diversité de ce peuple? Ou s’agit-il plutôt d’une caricature fondée sur des préjugés et de fausses vérités?

L’école – clé de l’intégration?

Pour la plupart des enfants roms scolarisés, le travail en classe relève du défi: alors que le romani, leur langue maternelle, est le «seul» idiome qu’ils ont appris à la maison, l’enseignement est dispensé dans la langue nationale. Appelés à gérer des classes surchargées, les instituteurs ont trop peu de temps pour aider ces enfants à surmonter la barrière linguistique. Abandonnés à eux-mêmes, les jeunes Roms sont dès lors nombreux à décrocher. Et cette tendance est encore renforcée par un système éducatif que ne tient guère compte des besoins des enfants roms et où les préjugés racistes ne sont pas rares, même au sein du corps enseignant. Alors que les écoles devraient normalement faciliter l’intégration, elles contribuent à creuser encore l’écart entre enfants roms et les autres.

Lorsqu’ils représentent une forte minorité, voire une majorité, des élèves, les enfants roms obtiennent cependant de bien meilleurs résultats. Dans un environnement plus propice à l’apprentissage, nombre d’entre eux poursuivent leur formation au-delà du degré secondaire. Les écoles des quartiers roms ne bénéficiant toutefois pas d’un financement public approprié, elles ont besoin d’autres sources de revenus. Voilà pourquoi la DDC contribue à financer des jardins d’enfants, des écoles et des cours de formation pour les Roms en Albanie et en Serbie.

Ces dernières années, le nombre d’enfants roms scolarisés a suivi une hausse constante en Europe du Sud-Est. On peut donc espérer qu’il y aura un jour assez d’enseignants roms pour éradiquer le fléau de l’illettrisme.



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Yves Leresche, 2006/07



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Les Roms sur les ondes!

Il existe des chaînes de radio et de télévision roms. Couvrant les activités publiques de la communauté, elles diffusent des annonces sur des mariages et la prolongation de festivals, ainsi qu’une foule de dédicaces et de messages personnels destinés à «tous les membres de la famille».

A la TV BTR de Skopje, il n’est pas rare de voir arriver un jeune homme de Shutka, localité toute proche, qui vient montrer quelques photos de son mariage ou d’un baptême en expliquant à Avdula, l’hôte, ou à Eli, le journaliste, qu’il souhaiterait dédicacer trois chansons à des membres de la famille répartis entre la Macédoine et le Kosovo. Avdula tape patiemment la version définitive de la dédicace et prend les deux photos qui seront diffusées en même temps que les chansons. Le jeune homme quitte alors les studios rempli de joie!



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Yves Leresche, 2006/07

Cours d’appui à l’école

Dès l’entrée à l’école, les cours d’appui jouent un rôle essentiel pour les enfants roms. C’est en effet le seul moyen de rattraper leur retard en «langue nationale». Grâce à ces cours, ils s’intègrent plus rapidement, prennent confiance en eux-mêmes et se sentent moins «différents» de leurs camarades de classe. Un appui est également nécessaire pour compenser la scolarisation tardive d’enfants qui ont commencé à travailler jeunes…

Une autre initiative utile pour les communautés roms a été lancée: des cours d’appui pour adultes et les jeunes dont l’éducation a été interrompue par les «aléas de la vie», comme la guerre, le retour au pays après une émigration illégale, le statut de réfugiés ou une scolarisation dans une autre langue. De tels cours facilitent aussi la recherche d’un emploi pour des gens qui ont souffert doublement de la transition entre communisme et économie de marché, passage qui les a privés de leur travail et les a condamnés à se soucier surtout de leur survie, empêchant ainsi les enfants d’aller à l’école …



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Yves Leresche, 2006/07


Darhia, la métamorphose

Désireux d’entreprendre quelque chose de différent et passionnés par leur culture, Latif et son épouse, un couple de Macédoine, ont décidé de mettre sur pied un orchestre composé de jeunes Roms de leur quartier, dans la banlieue de Skopje. Ils ont demandé à Baysa, un jeune virtuose d’origine rom, de jouer devant les enfants et de recourir à des exercices rythmiques simples pour leur inculquer quelques notions de base en musique. Après trois années d’entraînement, les enfants ont joué à plusieurs reprises devant un public nombreux, accompagnés parfois par des artistes connus de la région.

Grâce à leurs contacts avec des Roms à l’étranger et à l’appui de l’ambassade de Suède, Latif et son épouse sont même parvenus à organiser une petite tournée de concerts en Serbie et en Croatie. La métamorphose fut également visible à l’école, où tous les jeunes musiciens n’ont cessé d’améliorer leurs résultats au fil du temps. Même les plus belles choses ont hélas une fin. Faute de financement suffisant, Latif et son épouse ont dû jeter l’éponge en été 2006. Ils se consolent en pensant à Djelo, à Edo, à Dejvid ou à Emran qui ont été admis à la plus prestigieuse école de musique de Skopje.



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Yves Leresche, 2006/07


Recyclage

Dans tous les Balkans, les Roms ont créé une véritable économie parallèle, basée sur la récupération et le recyclage de déchets:
• Métaux divers: ferraille (carcasses de voitures, matériaux de construction, appareils domestiques), aluminium (canettes de bière, appareils domestiques), cuivre (fils électriques, bobines de moteurs électriques), plomb (piles).
• Plastique et PET (bouteilles et autres objets).
• Papier: carton, journaux et magazines.
• Vêtements usagés, chaussures et accessoires.
• Objets divers: pièces détachées de voitures et installations sanitaires.
Ce qu’ils récupèrent, ils le revendent en général au poids à des grossistes roms ou gadgé (non roms). En l’absence d’autres moyens d’existence, environ 70 % de Roms vivent exclusivement du recyclage. Bien qu’ils s’en sortent pour l’instant, que feront-ils à l’avenir lorsque ce secteur sera investi par des professionnels aux intérêts plus aiguisés?



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Yves Leresche, 2006/07


Roms traditionnels en Roumanie

Dans la campagne roumaine, certaines communautés kalderash vivent presque comme au temps jadis… Ayant conservé leurs coutumes, ces caldarari (faiseurs de chaudrons) continuent de fabriquer des bouilloires, des chaudrons et de petits fourneaux, qu’ils vendent de porte en porte.

Ils peinent malheureusement de plus en plus à vivre de cette activité: sur les marchés, on trouve à présent des récipients en plastique et des ustensiles très bon marché importés d’Asie, et leurs principaux clients, les paysans des zones rurales, deviennent de plus en plus pauvres. Ces dernières années, les Roms ont dû s’engager comme journaliers sur des chantiers ou dans des fermes pour joindre les deux bouts.



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Yves Leresche, 2006/07