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Grâce à la réforme agraire, un grand nombre de paysans kirghizes ont pu devenir propriétaires ne fût-ce que d’un lopin de terre. Pour pouvoir vivre de l’agriculture, ils louent et achètent
d’autres terres. Or, cela entraîne des litiges liés à l’accès à l’eau et aux pâturages dans les alpages. L’organisation non gouvernementale locale Legal Assistance for Rural Citizens (LARC) aide les
paysans et d’autres groupes de la population rurale à exiger l’application de leurs droits et à les préserver.
Souvent, les femmes dans les régions rurales sont pénalisées et ont beaucoup de difficultés à défendre leurs droits. Ce fut notamment le cas de Kimiya
Abdullaeva, une mère qui élève seule ses trois enfants dans le village de Torutai, dans le sud du pays. Son ex-mari avait corrompu les autorités locales afin que le droit de propriété foncière soit
dénié à Kimiya et que toutes les terres lui soient attribuées. Seule, Kimiya Abdullaeva ne pouvait se défendre contre cette injustice. Elle a alors sollicité l’aide juridique de l’organisation non
gouvernementale LARC. L’action en justice intentée par cette dernière a débouché sur un jugement favorable à Kimiya : son ex-mari doit désormais partager les terres avec elle et lui verser un
dédommagement pour leur exploitation illégale plusieurs années durant. Kimiya est soulagée : « Maintenant, nous pouvons cultiver du blé et des légumes pour nos propres besoins et pour la vente. Le
bien-être de mes enfants dépend de ces terres. »
Promouvoir l’application de la loi Le cas de Kimiya illustre parfaitement le travail effectué par LARC. Chaque
année, cette ONG aide à résoudre plus de 5000 litiges analogues portant sur les terres et sur d’autres sujets en lien avec le développement rural. Les avocats mandatés par LARC travaillent dans douze
bureaux locaux répartis sur tout le territoire ainsi qu’au siège principal à Bichkek. Dans les faits, c’est l’ensemble de la population rurale qui peut solliciter une aide juridique professionnelle,
indépendante et peu chère.
Fruit d’un projet de la DDC, LARC est depuis 2003 une organisation non gouvernementale kirghize indépendante. La dernière phase de trois ans financée par la DDC a commencé en janvier 2011. D’ici à
2013, la DDC réduira continuellement sa contribution. Dans le même temps, le taux d’autofinancement de LARC augmentera. D’autres services et des services complémentaires sont proposés. La population
rurale est de plus en plus disposée et apte à les rémunérer. De plus, LARC se voit attribuer de plus en plus de mandats émanant d’organisations et du secteur privé, ce qui lui permet de continuer à
apporter son soutien aux couches les plus démunies de la population.
Renforcement d’une jurisprudence
indépendante Outre les services personnalisés qu’elle fournit à la population rurale (consultations juridiques, établissement et examen de documents,
représentation de clients devant les juridictions et en-dehors), LARC sensibilise la population et soutient des groupes d’intérêts ainsi que le Parlement dans le cadre de nouveaux textes législatifs.
L’ONG organise régulièrement des réunions d’information et des tables rondes consacrées à des questions juridiques litigieuses. En renforçant le sens de la justice des personnes et en favorisant une
jurisprudence indépendante, LARC contribue à la bonne gouvernance et à la lutte contre la corruption. Le respect et la confiance dans l’ordre juridique sont une condition préalable importante à la
stabilité sociale et à la croissance économique du Kirghizistan.
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Le projet en bref
Domaine
Coopération avec l’Europe de l’Est
Pays/Région
Kirghizistan
Partenaires
ONG LARC,
Agence étatique kirghize pour l’enregistrement des droits à la propriété immobilière,
Association de juristes, médiateurs régionaux
Point de la situation/
Informations contextuelles
Les réformes agraires ont commencé au Kirghizistan au début des années 1990. Elles ont conduit à la suppression des kolkhozes soviétiques et à la privatisation des terres agricoles. Peu encombrés par
le sens de la justice, paysans et autorités sont confrontés à de graves problèmes dans le processus de répartition des terres. D’où les nombreux litiges entre paysans qui entendent faire consigner
leurs titres de propriété. Mal préparées à la mise en œuvre de la réforme agraire, les autorités ont souvent tiré profit de l’ignorance de la population rurale en matière juridique pour répartir les
terres à leur avantage.
But du projet
Donner à la population rurale la possibilité de faire valoir ses droits et renforcer le sens de la justice au sein de cette population.
Groupes-cibles
Agriculteurs, entreprises agricoles, décideurs kirghizes au niveau local et national
Cadre financier
CHF 6 800 000
Durée
Durée du projet : 2000 – 2013
Durée de la phase 6 : 01.2011 - 12.2013 ; budget : CHF 1 800 000
Contact
DDC, Section CEI
LARC (siège)
Almaz Musabaev directeur exécutif
209 Moskovskaja-Str.
Bishkek
+996 312 64 60 54
Courriel: larcadm@larc.kg |